Mye commune

Institut québécois de la biodiversité

Mya arenaria — La mye commune

La vie cachée

sous les battures du Saint-Laurent

La plupart des visiteurs marchent sur les battures sans la voir.

Sous quelques centimètres de sable et de vase vit pourtant l’un des organismes les plus importants du littoral : la mye commune (Mya arenaria), un mollusque bivalve fouisseur qui filtre l’eau, recycle la matière organique et nourrit une multitude d’espèces côtières. Présente dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, elle constitue un élément majeur des écosystèmes intertidaux du Québec.

Mya (Arenomya) arenaria Linnaeus, 1758

1391323  (urn:lsid:marinespecies.org:taxname:1391323)

Carte d’identité

  • Nom français : Mye commune, mye des sables
  • Nom scientifique : Mya arenaria Linnaeus, 1758
  • Groupe : Mollusques → Bivalves → Myidae
  • Mode de vie : Fouisseur filtreur
  • Habitat : Vases, sables vaseux, estuaires, battures
  • Profondeur d’enfouissement : généralement 20–30 cm, parfois davantage selon le substrat

Comment reconnaître une mye ?

La mye possède une coquille étonnamment mince pour un animal qui vit exposé aux marées.

Ses caractéristiques :

  • coquille blanche à gris pâle ;
  • forme allongée et légèrement asymétrique ;
  • valves relativement fragiles ;
  • ouverture postérieure permanente permettant le passage des siphons.

Contrairement aux moules, elle ne s’accroche pas au substrat : sa stratégie consiste à disparaître sous le sédiment.

Crédit photo

  • Wikimedia Commons (licence selon image)
  • NOAA Fisheries (domaine public)

Crédit photo

  • Denis Turcotte, Ere de l’Estuaire 2026

Mya
Crédit : DORIS / FFESSM, 
Source : Frederic André

Une vie cachée sous le sable

La mye vit enfouie dans le sédiment.

Elle creuse grâce à son pied musculeux, puis maintient un contact avec l’eau grâce à deux longs siphons :

  • siphon inhalant → entrée de l’eau ;
  • siphon exhalant → sortie de l’eau filtrée.

À marée basse, leurs ouvertures apparaissent parfois comme deux petits trous visibles à la surface.

Cette adaptation lui permet de demeurer protégée des variations de température, des vagues et de plusieurs prédateurs.

Sources schéma :

  • NOAA Ocean Service
  • Adaptation graphique IQBIO

Anatomie — Une machine biologique discrète

La mye possède :

  • deux valves protectrices ;
  • un pied fouisseur ;
  • des branchies respiratoires et alimentaires ;
  • deux muscles adducteurs ;
  • un cœur ;
  • un tube digestif complet ;
  • deux siphons spécialisés.

Cette organisation anatomique permet de combiner :

  • respiration ;
  • alimentation ;
  • protection ;
  • vie enfouie.

Sources schéma : Animal FACT, adapté en français par IQBIO

Cycle de vie

  • La reproduction est externe.

    Les adultes libèrent leurs gamètes dans l’eau.

    Le cycle comprend :

    • fécondation ;
    • larve planctonique ;
    • métamorphose ;
    • établissement sur le fond ;
    • enfouissement progressif.

    Le recrutement dépend fortement :

    • des courants ;
    • de la température ;
    • de la stabilité des sédiments ;
    • des conditions climatiques.

Sources schéma : source inconnue

Une espèce ingénieure du benthos

La mye joue plusieurs rôles essentiels : filtration de l’eau; recyclage de la matière organique ; oxygénation locale des sédiments ; soutien aux réseaux alimentaires.

Elle nourrit : oiseaux côtiers ; poissons ; crabes ; invertébrés prédateurs.

Sa présence est souvent associée à des battures fonctionnelles et productives.

La mye comme sentinelle écologique

Des travaux récents réalisés dans le parc marin du Saguenay–Saint-Laurent montrent que Mya arenaria peut accumuler différents contaminants et constitue un excellent organisme pour suivre la santé des milieux côtiers.

Cette capacité explique pourquoi elle est utilisée :

  • en écotoxicologie ;
  • dans les suivis environnementaux ;
  • pour l’étude de la contamination des estuaires.

Au Québec et dans le Saint-Laurent

Des inventaires réalisés par Pêches et Océans Canada entre 2000 et 2020 montrent l’importance des zones de concentration de la mye dans l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent.

Sur les battures de Sainte-Luce, apprendre à reconnaître les trous de siphons est souvent la première étape pour découvrir la biodiversité cachée du littoral.

Published in: Linnaeus, C. (1758). Systema Naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio Decima, Reformata [10th Revised Edition], Vol. 1: 824 Pp. Laurentius Salvius: Holmiae., Tomus I. Editio Decima, Reformata, [iii], 824 p. Impensis Direct. Laurentii Salvii. Holmiae [Stockholm], 1758. https://doi.org/10.5962/bhl.title.542

Mye des sables, Bec de jar, Clauque In French

Références scientifiques principales

Crédits photographiques et schémas

  • Photographies : Wikimedia Commons (licences selon image), NOAA Fisheries, domaine public
  • Schémas : NOAA Ocean Service, adaptation scientifique IQBIO recommandée
  • Cartographie : Pêches et Océans Canada

En résumé

Affiche : conception Laurence Auger