Tous les articles par Bernadette Jacquaz

NOUVELLES BRÈVES DE L’IQBIO

Les membres du conseil d’administration se sont réunis deux fois depuis le début de l’année et une autre fois lors de la 15ième Assemblée générale annuelle (AGA) de l’IQBIO qui se tenait le 18 mai dernier au Centre sur la biodiversité de l’Université de Montréal situé sur le site du Jardin Botanique à Montréal. Le rapport annuel de l’IQBIO (2017) a été présenté à cette AGA et une copie de ce document a été mise en ligne par la suite dans le site web de l’IQBIO (https://iqbio.qc.ca/).

Lors de l’AGA, deux nouvelles personnes ont été élues au Conseil d’administration, Bernadette Pinel-Alloul et Cédric Boué. Nous profitons de l’occasion pour remercier nos administrateurs sortants Juliette Duranleau et Geoffrey Hall. Les deux ont beaucoup apporté à l’IQBIO et continuent à collaborer à certains dossiers.

L’AGA a été suivie d’une visite très appréciée de trois collections du Centre soit la Collection entomologique Ouellet-Robert, le Fongarium du Cercle des mycologues de Montréal et l’Herbier Marie-Victorin. Ces visites étaient guidées par les responsables Étienne Normandin, Raymond Archambault et Geoffrey Hall.

Deux articles de la série « Le Collectionneur du mois » ont été mis en ligne : en avril pour Marie-Hélène Morissette-Bélanger et Marie-Laure Escudero (insectes piqueurs) et en juin pour Jean-Pierre Bourassa (collections entomologique et zoologique de l’Université du Québec à Trois-Rivières). On peut consulter ces chroniques dans le site web de l’IQBIO et dans sa page Facebook.

La mise à jour du registre des collections continue de progresser. Cédric Boué a remplacé en mai dernier Rebecca Gouge comme agent de projet. Plusieurs nouvelles collections ont été identifiées et des demandes de financement sont en cours pour continuer notre recensement.

Trois étudiants subventionnés dans le cadre du programme « Emplois d’été Canada » travaillent présentement à l’avancement du registre des espèces sous la supervision de Pierre Brunel. Plusieurs listes devraient être mises en ligne d’ici l’automne.

Bernadette Jacquaz, présidente, le 5 juillet 2018.


Gisèle Lamoureux est décédée à Lévis le 23 juin 2018. Elle était membre honoraire de l’IQBIO depuis 2004.

Botaniste-écologiste, elle dirigeait et animait depuis 45 ans le groupe Fleurbec qu’elle a fondé en 1973. Les guides d’identification publiés par Fleurbec sont des ouvrages de vulgarisation botanique de très grande qualité, autant par les textes que par les photos. Vendus globalement à plus de 300 000 exemplaires, ils ont suscité, développé et accompagné un intérêt durable pour la connaissance des plantes vasculaires dans la population québécoise. Il s’agit là d’une contribution remarquable à la vie culturelle du Québec.

Gisèle Lamoureux a su aussi défendre avec énergie et détermination la protection des milieux fragiles et des plantes vulnérables. La préservation de la biodiversité d’un pays s’appuie en bonne partie sur l’intérêt que la population en général lui porte, et cet intérêt dépend de la connaissance que les gens ont de la nature et de ses composantes. Dans cette optique, l’apport de Gisèle Lamoureux à la préservation de la biodiversité québécoise revêt un caractère exceptionnel.

photo à

venir

Pierre Morisset, le 10 juillet 2018

 

Le collectionneur du mois de juin 2018

Jean-Pierre Bourassa, professeur émérite, s’implique comme conservateur des collections entomologique et zoologique de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Entomologiste spécialisé dans les insectes piqueurs, il a contribué à la récolte et à l’identification de quelques milliers de spécimens de ces derniers qui s’ajoutent aux 60 000 de la collection entomologique. Selon la Société des musées du Québec (SMQ), cette collection serait la 2e plus grosse collection d’insectes piqueurs au Canada.

Collection entomologique

En ce qui concerne la collection zoologique qui comprend plusieurs espèces d’oiseaux et de mammifères naturalisés, elle est composée de quelque 475 spécimens, une grande partie provenant de la collection de l’ancienne Institution des Sourds-Muets de Montréal. Jean-Pierre Bourassa s’en est porté acquéreur pour l’université au début des années 1980 pour fin de conservation et de référence éventuelle. Depuis, plusieurs spécimens de sauvagine, notamment du fleuve Saint-Laurent et du lac Saint-Pierre, y ont été ajoutés.

Collection zoologique

Dès son plus jeune âge, Jean-Pierre Bourassa s’intéresse aux sciences naturelles. Il s’inscrit à l’École des Pêcheries de La Pocatière et complète un baccalauréat en biologie à l’Université Laval. Après avoir enseigné au Collège de Lévis puis au Séminaire de Trois-Rivières, il entreprend une maîtrise à l’Université Laval sous la supervision de Robert Lagueux. Son projet de recherche portait sur l’alimentation de la truite mouchetée dans le Parc des Laurentides. L’analyse des insectes consommés lui a permis de développer sa passion pour l’entomologie.

En 1969, avec ses collègues Guy Vaillancourt et Estelle Lacoursière, Jean-Pierre Bourassa a été désigné pour créer le programme de biologie de l’UQTR. À eux trois, ils ont dressé la liste des cours qui seront enseignés durant plus d’une trentaine d’années avant une actualisation devenue nécessaire. Afin de souligner son exceptionnelle contribution à la création de ce programme, Jean-Pierre Bourassa a été honoré par l’Association des biologistes du Québec en 2017.

Quelques années après la création du programme de biologie, Jean-Pierre Bourassa  démarre la chaire de recherche sur les insectes piqueurs (moustiques, mouches noires, taons et brûlots) de l’UQTR. Sujet inédit pour l’époque, il s’intéresse au motif derrière la voracité de ces insectes, à leur valeur écologique ainsi qu’à leur biodiversité au Québec. Lors de ses nombreux voyages à travers le Québec, Jean-Pierre Bourassa a également participé au développement d’approches biologiques pour la lutte contre les insectes ravageurs en milieu agricole.

Au milieu des années 1970, il entreprend des études doctorales sous la direction de Maxime Lamotte à l’Université Pierre et Marie Curie Paris VI en France. Son projet de recherche concerne les insectes piqueurs, notamment  les formes immatures d’une espèce en particulier, Aedes atropalpus, dans la région de la Mauricie qui se développent exclusivement dans les creux de rochers.


Spécimen coup de cœur

Aedes atropalpus (European Centre for Dease Prevention and Control)

Jean-Pierre Bourassa garde un bon souvenir de ses heures passées à scruter les mares d’eau à proximité des chutes de Shawinigan et du barrage de La Gabelle sur la rivière St-Maurice, dans le cadre de ses travaux de recherche pour son doctorat. Son spécimen coup de cœur est donc l’espèce qui était l’objet de ses études, Aedes atropalpus.

« C’est un moustique particulier qui ne se développe que dans les mares des creux de rochers. Ce fut un bonheur de pouvoir suivre son développement en ces micro-milieux. »


De 1989 à 1990, Jean-Pierre Bourassa sera le premier directeur général de l’Insectarium de Montréal, suite à une entente entre la Ville de Montréal et l’UQTR. De retour à Trois-Rivières, il continuera d’enseigner à l’université jusqu’en 2002, puis comme retraité jusqu’en 2016, dans le cadre de deux cours sur les insectes. Vulgarisateur scientifique hors pair, il a publié plusieurs livres sur les insectes et il participe également à des émissions radiophoniques en tant qu’expert en entomologie.

Très tôt, Jean-Pierre Bourassa s’est engagé à préserver les spécimens d’insectes récoltés. Ils constituent une référence pour leur identification mais aussi une source d’information comme témoins des conditions sous lesquelles leurs représentants vivent ou ont vécu.

« Les collections de recherche représentent pour moi l’expression bioécologique du patrimoine naturel. »

Une partie de la collection de l’UQTR sert de matériel pédagogique, mais une grande partie est conservée comme référence. Certains partenaires comme l’Organisation Mondiale de la Santé se sont intéressés à la collection entomologique pour différentes études sur les maladies comme le paludisme et l’onchocercose. Jean-Pierre Bourassa se préoccupe de ces collections, tant entomologiques que zoologiques. Selon lui, il est primordial que l’université prenne des dispositions adéquates afin de poursuivre leur conservation.

Rebecca Gouge et Bernadette Jacquaz pour l’Institut québécois de la biodiversité, 28 juin 2018

Rapport annuel 2017

Le conseil d’administration de l’IQBIO vous invite à prendre connaissance de son rapport annuel de 2017. Vous y trouverez sans doute plus d’un motif pour vous joindre à notre cause.

IQBIO Rapport annuel 2017 

Bernadette Jacquaz, Présidente, le 1er juin 2018.


 

La biodiversité du Québec vous intéresse ?

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Si oui, vous pouvez devenir membre de l’IQBIO : voir onglet DEVENIR MEMBRE.

Vous pouvez aussi faire un don à l’QBIO : voir onglet DON. Un reçu d’impôt pour don vous sera remis en janvier 2018.

Les collectionneuses du mois d’avril

Marie-Hélène Morissette-Bélanger et Marie-Laure Escudero

Marie-Laure Escudero et Marie-Hélène Morissette-Bélanger sont responsables de la collection entomologique de GDG Environnement ltée (GDG), une firme de Trois-Rivières qui se consacre au contrôle des insectes piqueurs et des plantes envahissantes. Conservée à leur laboratoire, leur collection rassemble près de 60 espèces de moustiques (culicidés) du Québec et de l’Ontario, qui ont été récoltées lors de leurs travaux. Elle est constituée principalement de spécimens adultes piqués. Elle comporte également des moustiques et des mouches noires (simuliidés) larvaires conservés dans l’alcool.

Titulaire d’une maîtrise en biochimie et d’un doctorat en microbiologie, Marie-Laure Escudero s’est d’abord intéressée à la parasitologie. Engagée comme postdoctorante dans l’équipe de Jacques Boisvert à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), elle a étudié l’efficacité du Bti (Bacillus thuringiensis israelensis), une bactérie larvicide, dans le cadre de projets de lutte biologique contre les insectes piqueurs. À la suite de premières expériences en identification de larves, elle s’est rapidement intéressée à la taxonomie de ces insectes. En 2003, elle est devenue directrice du laboratoire de GDG tout en continuant d’enseigner la microbiologie à l’UQTR.

Marie-Hélène Morissette-Bélanger est titulaire d’un baccalauréat en biologie à l’UQTR. Inspirée par son mentor Jean-Pierre Bourassa, professeur en entomologie et en parasitologie, elle développe son intérêt envers les insectes piqueurs. Biologiste chez GDG depuis six ans, elle participe aux inventaires et procède à l’identification des spécimens échantillonnés à travers la province afin de valider la biodiversité présente dans les zones traitées et non traitées contre les insectes piqueurs. Elle s’intéresse particulièrement à leurs stades de développement, leur répartition géographique et leur habitat naturel.

Spécimen coup de coeur

Leur spécimen coup de cœur est unanimement le culicidé Psorophora ciliata. Avec une taille jusqu’à 20 fois supérieure à celle du plus petit des moustiques, il est de la grosseur d’une pièce de 25 cents. Cette espèce s’attaque davantage au bétail qu’aux humains et, comme elle ne produit pas d’agent anesthésiant, sa piqûre est particulièrement douloureuse.

« C’est un monstre! En plus, ce qui est particulier avec ce moustique, c’est que les larves sont prédatrices d’autres larves, même entre elles! » – Marie-Hélène Morissette-Bélanger

« C’est le plus gros moustique piqueur que nous avons au Québec! Il est aussi très beau avec ses pattes aux écailles hérissées. C’est comme s’il avait mis ses pattes dans un courant électrique. » – Marie-Laure Escudero

 

Une partie de la collection entomologique élaborée depuis 2014 par Marie-Hélène Morissette-Bélanger et Marie-Laure Escudero  sert essentiellement de cadre de référence pour l’identification au laboratoire. L’autre partie est un outil d’éducation et de vulgarisation scientifique et est présentée lors de conférences pour illustrer la diversité des culicidés du Québec. La collection sert également à la recherche et permet de suivre l’évolution géographique de ces espèces ainsi que de noter la présence d’espèces rares et d’espèces exotiques potentiellement envahissantes. Avec l’apparition du virus du Nil et l’introduction  de moustiques vecteurs de la dengue ou du virus Zika,  la raison d’être d’une telle collection prend tout son sens.

Rebecca Gouge et Bernadette Jacquaz pour l’Institut québécois de la biodiversité

23 avril 2018