Sauvetage des collections

Actuellement, les sous-sols, les garages et les dessous d’escalier sont les lieux d’entreposage d’un trop grand nombre de collections de recherche au Québec. Certaines risquent même la poubelle si rien n’est fait pour les sauver in extremis. Celles qu’on conserve en liquide sont doublement à risque puisque l’évaporation complète des liquides de conservation entraîne des dommages importants. Quant aux herbiers et aux collections d’insectes conservés à sec, il faut les inspecter régulièrement pour contrer les infestations éventuelles d’insectes ravageurs. Les membres de l’IQBIO sont à l’affût de ces collections hautement menacées et cherchent à sauver celles qu’ils jugent valables en leur trouvant un lieu de conservation sécuritaire et durable.

Les universités québécoises et leurs chercheurs, qui conservent la majorité des collections québécoises de recherche en sciences naturelles, ne détiennent aucun mandat des pouvoirs publics pour le faire. Leur mandat vise l’enseignement et la recherche. Pour elles et pour leurs professeurs et chercheurs en sciences naturelles, qui édifient fréquemment des collections, celles-ci ne sont qu’un outil de plus pour effectuer des recherches. Privée des ressources suffisantes pour leur conservation, l’université peut s’en débarrasser lorsqu’elle engage un professeur dans une autre discipline. Dans le cas des collections privées, sans mandat public elles aussi, elles sont plus petites, et la passion et les ressources de leurs propriétaires les protègent de la poubelle. C’est donc l’absence d’une institution publique ou parapublique, mandatée par l’État pour conserver ce patrimoine scientifique pour la postérité, et dotée des ressources requises, qui explique en grande partie l’état précaire des collections évoqué plus haut.

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Sauvegarder les collections de plus grande valeur constitue un objectif majeur pour l’IQBIO, mais requerra beaucoup plus d’espaces que ceux dont il dispose maintenant. L’accès à de tels espaces est pour lui une priorité absolue afin d’éviter la perte de portions importantes du patrimoine scientifique québécois. Une partie est déjà irrémédiablement menacée par une longue indigence, source d’une négligence annonciatrice de sa disparition. Un personnel stable pour soigner convenablement cet héritage, c’est la seconde priorité.

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