Le collectionneur du mois de janvier

Anthony Howell est le conservateur et le gestionnaire des collections d’histoire naturelle du musée Redpath de l’Université McGill. Il est responsable des quelque 425 000 spécimens des collections zoologiques, minéralogiques et paléontologiques hébergées au Musée. Il participe activement à l’entretien et à la gestion des spécimens, mais aussi à la recherche universitaire qui utilise les collections de sciences naturelles. En effet, plusieurs chercheurs tentent de comparer des spécimens historiques avec des spécimens récents afin d’établir les changements qui s’opèrent avec le temps.

« La plupart des gens ne savent pas qu’un musée, au-delà de ses expositions, a également un rôle extrêmement important dans la recherche sur l’histoire naturelle. Ce rôle est de conserver l’histoire de l’histoire naturelle, c’est-à-dire l’histoire de la recherche sur la nature. »

Anthony Howell a complété un baccalauréat en anthropologie à l’Université Concordia. Il était déjà actif comme bénévole au musée Redpath lorsqu’un poste de technicien en zoologie a été affiché. Après avoir obtenu le poste, il a décidé d’abandonner ses démarches de maîtrise en anthropologie pour se consacrer à ses nouvelles fonctions. Ayant toujours été grandement intéressé par les sciences naturelles et la muséologie, il y voyait une excellente opportunité de continuer à faire de la recherche tout en travaillant dans un musée. Son poste de technicien s’est rapidement transformé en gestionnaire des collections d’histoire naturelle du musée Redpath où il travaille activement depuis près de 10 ans.

Spécimen coup de cœur
Anthony Howell affectionne tout particulièrement un spécimen historique exposé au 2e étage du musée Redpath. Il s’agit d’un squelette de béluga avec une histoire bien particulière. Ce squelette a été extrait en 1895 du sol de la briqueterie Smith situé sous le pont Jacques-Cartier à Montréal.

Ce béluga aurait vécu dans la mer postglaciaire qui recouvrait une bonne partie des basses terres du Saint-Laurent il y a de cela presque 12 000 à 10 000 ans. La vue de ce spécimen lui rappelle qu’avant la ville, la nature était omniprésente à Montréal et qu’à travers les siècles  la nature et les paysages sont en perpétuel changement.

Le Musée Redpath

Datant de 1882, le musée Redpath est le plus vieux musée d’histoire naturelle au Canada. Il n’abritait au départ que les collections zoologiques, de fossiles et de minéraux de Sir William Dawson, éminent naturaliste, alors principal de l’Université McGill. Ce musée s’est rapidement agrandi et il loge aujourd’hui de vastes collections de paléontologie, de zoologie, de minéralogie et d’ethnologie. Autrefois surtout reconnu comme musée d’exposition, il est devenu depuis les années 1970 beaucoup plus axé sur la recherche. Il possède désormais plusieurs laboratoires et il dispose également d’un amphithéâtre d’enseignement, offrant des cours aux étudiants de l’université. Les projets de recherche réalisés au Musée sont surtout centrés sur l’évolution de la vie sur Terre, de l’étude des vestiges paléontologiques à l’observation des espèces contemporaines. La recherche scientifique réalisée au musée Redpath s’appuie sur des collections de fossiles, d’animaux naturalisés et de minéraux, la plupart provenant du Québec. Ce matériel est utilisé chaque jour pour une multitude de cours et de projets de recherche.  De nombreux spécimens sont prêtés à d’autres institutions afin de contribuer à l’avancement de la science.

Fossile d’une graine de plante du genre Cordaites, spécimen original de la collection de Sir William Dawson, fondateur du musée Redpath

Quelques spécimens de la collection ornithologique du musée Redpath

Le musée Redpath est présentement très actif et en pleine restructuration. Il reçoit régulièrement de nouvelles collections et il réalise et appuie de nombreux projets de recherche. La direction et le personnel souhaitent que tous les spécimens utilisés pour la recherche soient gardés et accessibles directement au Musée. Le but de cette restructuration consiste également à faciliter les collaborations avec les chercheurs. Comme l’explique Anthony Howell : « Tout cela va d’abord commencer par des rénovations. Nous aimerions retrouver le style du Musée comme il était avant, à sa construction, c’est-à-dire rouvrir les espaces sur les étages supérieurs pour avoir davantage d’expositions et déménager les bureaux de recherche dans les étages inférieurs. » Anthony Howell est très emballé par ces changements : « L’avenir du musée Redpath comporte, certes, beaucoup de défis, mais il y aura l’intégration de plusieurs nouvelles collections et de nouvelles collaborations qui feront progresser le Musée. Nous sommes sur une excellente voie! »

Juliette Duranleau pour l’Institut québécois de la biodiversité

19 janvier 2017